Plongez dans une recette potée lorraine au chou et saucisses fumées, une vraie cuisine de terroir : rustique, généreuse et incroyablement réconfortante. Ici, le chou devient fondant et sucré, les légumes restent bien présents, et la palette fumée infuse son parfum ambré au bouillon. Résultat : un mijoté “fumé” naturellement, qui enrobe tout d’une sauce légère et parfumée.
Cette recette de potée lorraine au chou et saucisses fumées est pensée pour un repas du dimanche… mais elle mérite aussi vos soirs de semaine quand vous voulez du bon, du chaud, et du goût profond sans prise de tête.
Pourquoi cette potée lorraine est si bonne (et pourquoi elle marche)
Le secret n’est pas une technique compliquée : c’est l’équilibre et l’ordre.
- Le chou : émincé assez fin, il se s’enrobe de bouillon, s’assouplit progressivement, puis finit fondant. Trop tôt ou trop cuit trop longtemps, il peut devenir mou et perdre son relief. Pas assez, il reste fibreux et parfois un peu amer.
- La palette fumée : elle apporte la base “fumée” et la rondeur. En mijotant, ses saveurs migrent lentement dans l’eau/bouillon. La graisse rendue donne au bouillon une tenue légère.
- Les saucisses : elles doivent rester juteuses. Si vous les faites bouillir trop longtemps, elles se dessèchent et la potée devient moins agréable. Dans cette recette, on les ajoute au bon moment pour garder des saucisses moelleuses, dorées à l’extérieur.
En pratique, vous obtenez un bouillon ambré, des légumes bien cuits mais pas effondrés, et un chou tendre qui “s’enroule” autour des morceaux.
Quels ingrédients pour une potée lorraine au chou et saucisses fumées réussie ?
Voici l’ossature exacte de la recette. Les quantités ci-dessous sont celles que vous utiliserez pour le résultat attendu : chou fondant, carottes nettes à cœur, pommes de terre qui tiennent, et saucisses bien juteuses.
Chou vert (ou légèrement frisé) émincé
- Environ 1 kg de chou vert (ou chou frisé), émincé.
Le chou est la star. Choisissez un chou bien ferme, avec des feuilles vertes, souples et non piquantes. L’éminçage permet une cuisson homogène : la potée prendra une texture fondante sans que vous ayez l’impression d’avoir “juste du bouilli”.
Astuce d’achat : un chou qui pèse “lourd” pour sa taille, avec des feuilles intactes, donne souvent un meilleur rendement.
Palette fumée (ou poitrine fumée)
- environ 800 g de palette fumée.
La palette fumée donne le goût : fumé, légèrement sucré, très chaleureux. Le mijoté devient parfumé sans avoir besoin d’épices agressives.
Si vous utilisez de la poitrine fumée, gardez la même idée : vous aurez un goût plus “gras fumé”. Dans ce cas, surveillez un peu l’assaisonnement, car cela peut déjà être très salé.
Saucisses fumées (type Frankfurter ou fumées)
- environ 4 à 6 saucisses (selon taille), de préférence fumées.
Le rôle des saucisses : apporter des notes fumées, du moelleux et une touche “gourmand viande”. Vous les intégrerez plus tard dans la cuisson pour éviter qu’elles ne deviennent sèches.
Lardons (optionnel selon votre base)
- 100 à 150 g de lardons (facultatif).
Dans cette version, la palette fumée est déjà la base. Les lardons sont surtout utiles si vous aimez une potée encore plus “rustique” et légèrement plus riche. Si votre palette est généreuse et bien persillée, vous pouvez parfaitement vous en passer.
Oignon et ail
- 1 gros oignon (ou 2 moyens), émincé.
- 2 gousses d’ail, finement hachées.
Ces deux-là construisent l’arôme. L’oignon apporte de la douceur et une base sucrée qui adoucit le chou. L’ail ajoute une profondeur parfumée : on le traite comme une touche de finition de fond, pas comme une dominante.
Carottes
- 3 à 4 carottes, en rondelles.
Les carottes apportent couleur et petite note sucrée. Elles doivent cuire suffisamment pour être tendres, mais garder un minimum de tenue pour que la potée soit jolie et agréable à croquer.
Pommes de terre
- 800 g à 1 kg de pommes de terre (plutôt à chair ferme), en gros cubes.
Elles servent de corps au plat. Si vous les coupez trop petit, elles s’effondrent et épaississent le bouillon de façon moins contrôlée. Les gros cubes donnent une potée équilibrée : on “tombe” sur les morceaux au service.
Bouillon ou eau
- Environ 1,2 L à 1,5 L d’eau ou de bouillon.
Le niveau de liquide sert à couvrir et à mijoter. Vous cherchez un bouillon ambré qui devient une sauce légère au fil de la cuisson, pas une soupe aqueuse. Ajustez en fonction de la taille de votre marmite et de l’épaisseur du chou.
Laurier, poivre (et éventuellement pointe de clou de girofle)
- 2 feuilles de laurier.
- Poivre (quantité selon votre goût).
- Option : 1 pointe de clou de girofle (très léger).
Le laurier est l’allié classique : il arrondit le fumé et souligne le mijoté. Le poivre relève sans dominer. Le clou de girofle, si vous l’utilisez, doit être à peine : c’est un parfum puissant, qui peut vite masquer le chou.
Sel : prudence avec le fumé
- Sel : à ajuster à la fin.
C’est important. La palette et les saucisses peuvent déjà être salées. Vous éviterez ainsi une potée trop salée.
Optionnel : concentré de tomate ou un petit vin blanc
- 1 à 2 c. à soupe de concentré de tomate (facultatif) OU
- un petit verre (10 à 15 cl) de vin blanc (facultatif).
Ces options servent à arrondir le goût et donner une nuance légèrement plus “ronde” au bouillon. Si vous utilisez l’un, évitez de cumuler avec l’autre.
Bouquet garni (facultatif)
- 1 bouquet garni (thym + laurier, ou thym/romarin selon vos habitudes).
Le bouquet garni apporte une note herbacée. Mais comme la palette et le laurier sont déjà présents, il reste optionnel.
Le rôle de chaque ingrédient : textures et goûts au rendez-vous
- Chou émincé : fondant, légèrement sucré, qui donne le volume et la texture “mijotée”.
- Palette fumée : base aromatique fumée et grasse, qui parfume le bouillon et aide à lier en douceur.
- Saucisses fumées : juteuses, parfumées, dorées en surface au service.
- Carottes : couleur, douceur, variété de texture.
- Pommes de terre : tenue, “corps” au plat, absorption du bouillon.
- Oignon/ail : profondeur et équilibre, pour éviter une potée trop “monotone” en goût.
- Bouillon/eau : vecteur de saveurs ; c’est lui qui doit se concentrer légèrement.
- Laurier/poivre : structure aromatique, chaleur.
Quel chou choisir et comment éviter un chou trop mou ou trop amer ?
Pour une potée vraiment réussie, le chou doit être :
- bien émincé (plutôt fin),
- cuit progressivement,
- et mijoté sans excès.
Un chou trop amer, c’est souvent :
- un chou pas assez cuit (amertume végétale),
- ou une cuisson trop courte au départ sans lui laisser le temps de devenir fondant.
À l’inverse, un chou trop mou arrive quand :
- la cuisson est trop longue, ou
- le chou est ajouté trop tôt sans contrôle,
- ou quand le bouillon bout trop fort trop longtemps.
Dans cette recette, vous verrez que l’ordre d’ajout du chou et la durée de mijotage sont pensés pour obtenir un chou tendre mais encore présent, pas une purée verte.
Peut-on remplacer certains ingrédients ?
Oui, mais gardez la logique.
Palette fumée → autre base fumée
- Poitrine fumée : possible. Vous aurez un goût très fumé. Pensez à goûter avant de saler, car cela peut déjà être très salé.
- Autre viande fumée : possible si vous gardez une pièce assez grasse et à mijoter.
Saucisses fumées → saucisses de type fumé
- Prenez une saucisse fumée de cuisson “moelleuse” (Frankfurter ou équivalent).
- Évitez les saucisses très fines qui se dessèchent facilement.
Pas de vin blanc / tomate
- Rien de grave : l’essentiel reste la palette fumée et le laurier.
- Si vous voulez juste “arrondir”, un filet de vin blanc est suffisant.
Matériel utile avant de commencer
- Une grande cocotte ou marmite à fond épais (c’est elle qui répartit bien la chaleur).
- Une planche et un bon couteau pour émincer le chou.
- Une écumoire ou une grande cuillère pour manipuler les saucisses au bon moment.
- Un bol pour maintenir le chou émincé à l’écart pendant la préparation.
Préparations avant de commencer (sans entrer dans les étapes complètes)
Avant de lancer le mijotage, préparez tout pour travailler sereinement :
- Émincez le chou : gardez des lamelles régulières.
- Coupez les carottes en rondelles.
- Cubez les pommes de terre en gros morceaux.
- Hachez oignon et ail.
Côté palette et saucisses : si elles sont très fumées ou très salées, vous aurez peut-être besoin d’un petit geste de préparation (à adapter selon leur goût). Dans tous les cas, votre assaisonnement se fera avec prudence, surtout en fin de cuisson.
Passez à la page suivante pour découvrir toutes les étapes.

Potée lorraine au chou, fumée et saucisses (palette gourmande)
☆☆☆☆☆Ingrédients
- 1.2 kg de chou vert (ou chou frisé), émincé
- 700 g de palette fumée (ou poitrine fumée)
- 3 à 4 saucisses fumées (≈ 500–600 g)
- 3 carottes (≈ 300 g)
- 800 g de pommes de terre à chair ferme
- 1 oignon jaune
- 2 gousses d’ail
- 2 feuilles de laurier
- 1 bouquet garni (thym/romarin/persil)
- Poivre noir, à ajuster
- Sel, très prudemment (fumés)
- 1.5 à 2 L d’eau (ou bouillon) pour couvrir
- Optionnel : 1 c. à soupe de concentré de tomate (pour arrondir)
- Optionnel : 100 ml de vin blanc sec (pour relever)
Préparation
- Rincer la palette fumée (si très salée) puis la couper en morceaux. Colorer légèrement dans un faitout avec un filet de matière grasse si besoin.
- Émincer oignon et ail. Les faire revenir 2–3 min dans le faitout. Ajouter la palette et le laurier.
- Mouiller avec de l’eau/bouillon jusqu’à couvrir. Ajouter le bouquet garni. Laisser frémir 45–60 min (bouillon parfumé).
- Ajouter les carottes en rondelles. Poursuivre 15 min.
- Ajouter le chou émincé (en plusieurs fois si nécessaire). Laisser mijoter 30–40 min, jusqu’à ce qu’il soit tendre mais pas “écrasé”.
- Ajouter les pommes de terre en gros cubes. Cuire 25–30 min, jusqu’à ce qu’elles soient fondantes.
- Pendant la fin de cuisson, ajouter les saucisses : les piquer légèrement si elles sont très grasses, puis laisser mijoter 20–25 min (ou 15 min de plus selon taille), pour qu’elles restent juteuses.
- Goûter et ajuster poivre et sel (souvent peu de sel nécessaire). Retirer du feu et laisser reposer 5–10 min avant de servir bien chaud.










