Navarin d’agneau : ragoût mijoté aux légumes, carottes et pommes de terre
Préparation de la recette étape par étape
1. Faire dorer l’agneau pour construire le goût
Commencez par chauffer une cocotte avec un peu d’huile neutre ou d’huile d’olive, sur feu moyen à assez vif. Déposez les morceaux d’agneau en plusieurs fois, sans surcharger le fond. C’est important : si la viande est trop tassée, elle rend de l’eau et colore mal.
L’objectif n’est pas de cuire complètement la viande à ce stade, mais de lui donner une belle coloration sur plusieurs faces. Vous devez obtenir une surface dorée, légèrement caramélisée, avec des sucs bien présents au fond de la cocotte. Cette étape donne de la profondeur à la sauce et évite un navarin d’agneau au goût trop plat.
Retournez les morceaux avec une pince, pas avec une fourchette, pour ne pas les percer. Une fois bien colorés, réservez-les dans une assiette.
2. Faire revenir l’oignon et l’ail
Dans la même cocotte, baissez légèrement le feu. Ajoutez les oignons émincés et laissez-les devenir translucides et souples pendant quelques minutes. S’ils accrochent un peu, ajoutez une petite cuillère d’eau pour décoller les sucs sans les brûler.
Ajoutez ensuite l’ail haché ou finement écrasé. Mélangez brièvement. L’ail doit juste parfumer le fond du plat, sans noircir, sinon il apporterait de l’amertume.
À ce stade, la cocotte doit déjà sentir bon : l’odeur de l’oignon fondant et de l’ail chaud annonce la suite du mijotage.
3. Déglacer avec le vin rouge, puis ajouter le concentré de tomate
Versez le vin rouge dans la cocotte, si vous l’utilisez. Il va décoller les sucs du fond et donner une note plus profonde à la sauce. Grattez bien avec une cuillère en bois pour récupérer toute la saveur attachée au fond.
Laissez réduire une à deux minutes, le temps que l’alcool s’évapore en grande partie. La sauce doit garder une odeur de vin cuisiné, plus ronde, moins vive.
Ajoutez ensuite le concentré de tomate. Mélangez bien pour le faire légèrement “torréfier” dans la chaleur de la cocotte. Cette étape est discrète mais importante : le concentré prend une teinte plus sombre, plus rustique, et enrichit la couleur rouge-brun du jus.
4. Remettre la viande, mouiller au bouillon et lancer le mijotage
Replacez l’agneau dans la cocotte. Ajoutez le thym, le laurier, puis versez le bouillon chaud jusqu’à couvrir presque la viande, sans noyer totalement les ingrédients.
Salez légèrement, poivrez, puis portez à frémissement. Dès que les premiers bouillons apparaissent, baissez le feu au minimum. Le liquide doit juste frissonner, pas bouillir fort. Un mijotage trop violent durcit la viande et trouble la sauce.
Couvrez à moitié et laissez cuire doucement pendant environ 1 h 15 à 1 h 30, selon la taille des morceaux. L’agneau commence alors à se détendre et à devenir plus tendre. Le jus se concentre peu à peu, avec une couleur plus soutenue et un parfum de plat longuement cuisiné.
5. Ajouter les carottes et le céleri au bon moment
Au bout de cette première phase, ajoutez les carottes en morceaux ainsi que le céleri. Mélangez délicatement pour bien les immerger dans le jus.
Ce choix de timing est essentiel. Les carottes et le céleri ont besoin de cuire suffisamment longtemps pour devenir fondants, mais ils ne doivent pas se réduire en purée. En les ajoutant à ce moment-là, ils vont s’imbiber de sauce tout en gardant une jolie tenue.
Poursuivez la cuisson à feu doux pendant 25 à 35 minutes, toujours à petits frémissements. À mi-cuisson, vérifiez qu’il reste assez de liquide. Si la sauce réduit trop vite, ajoutez un peu de bouillon chaud.
6. Incorporer les pommes de terre à chair ferme
Quand l’agneau commence à devenir nettement plus tendre et que les carottes sont presque cuites, ajoutez les pommes de terre coupées en gros morceaux réguliers. Elles doivent être de taille proche pour cuire de manière homogène.
Les pommes de terre à chair ferme sont indispensables ici : elles tiennent bien à la cuisson, restent visibles dans l’assiette et ne se défont pas dans le jus. Mélangez avec précaution pour ne pas les casser.
Laissez cuire encore environ 20 à 25 minutes, toujours à feu doux. Piquez une pomme de terre avec la pointe d’un couteau : elle doit être fondante au centre, mais encore nette à la coupe. La viande, elle, doit presque se détacher à la cuillère sans s’effriter complètement.
7. Ajouter les petits pois en toute fin
Ajoutez les petits pois seulement dans les dernières minutes de cuisson. S’ils sont frais, ils peuvent demander 5 à 7 minutes. S’ils sont surgelés, 3 à 5 minutes suffisent en général.
Cette dernière étape apporte une touche de couleur vive et une douceur fraîche qui équilibre le caractère du navarin. Les petits pois doivent rester vert tendre, jamais ternes ni éclatés.
Retirez ensuite la cocotte du feu et ôtez le thym et le laurier si nécessaire.
8. Ajuster l’assaisonnement et vérifier la texture de la sauce
Goûtez avant de servir. C’est le moment d’ajuster le sel et le poivre. La sauce doit être bien liée, avec une texture nappante, ni trop liquide ni trop épaisse. Si elle vous semble un peu courte, laissez-la réduire quelques minutes à découvert, à feu doux.
Si au contraire elle paraît trop serrée, ajoutez une petite louche de bouillon chaud. L’idéal est d’obtenir un jus rouge-brun brillant qui enrobe la viande et les légumes sans masquer leur forme.
Le bon navarin d’agneau se reconnaît à trois choses : la viande est tendre, les légumes sont cuits mais non écrasés, et la sauce a du corps sans lourdeur.
9. Laisser reposer avant de servir
Comme beaucoup de plats mijotés, le navarin d’agneau gagne à reposer 10 à 15 minutes hors du feu avant d’être servi. Ce petit temps calme permet aux saveurs de se poser et à la sauce de se stabiliser.
Couvrez simplement la cocotte. Au moment du service, vous verrez que le jus nappe mieux les morceaux et que l’ensemble paraît plus harmonieux.
Astuces de cheffe pour un navarin vraiment réussi
Coupez les légumes en morceaux assez gros pour qu’ils restent beaux après cuisson. Des dés trop petits finissent vite trop mous.
Gardez toujours un frémissement doux. C’est le point le plus important de la recette. Un bouillon qui bout trop fort casse les légumes et donne une viande moins moelleuse.
Si vous préparez le navarin d’agneau la veille, c’est encore meilleur. Le lendemain, la sauce est plus liée et le goût plus rond. Réchauffez doucement à couvert, en ajoutant un trait de bouillon si besoin.
Pour une sauce encore plus profonde, laissez réduire quelques minutes à découvert en fin de cuisson, mais seulement une fois la viande et les légumes parfaitement cuits.
Erreurs à éviter
Ne mettez pas tous les légumes en même temps. Les pommes de terre et les petits pois ne cuisent pas comme les carottes et le céleri, et c’est précisément ce qui fait la réussite du plat.
N’oubliez pas de colorer la viande. Sans cette étape, le navarin perd une partie de sa richesse.
Évitez de trop remuer après l’ajout des pommes de terre. Vous risqueriez de les briser et d’obtenir une texture moins nette.
Ne laissez pas la sauce s’évaporer complètement. Un bon navarin doit rester généreux et légèrement nappant.
Variantes simples et raisonnables
Si vous aimez les sauces un peu plus profondes, gardez le vin rouge. Il apporte une note plus structurée, surtout avec l’agneau.
Si vous préférez une version plus douce, réalisez le plat uniquement au bouillon. Vous obtiendrez une sauce plus claire en goût, mais toujours gourmande.
Vous pouvez aussi choisir le céleri-branche pour une note plus fraîche et plus végétale, ou le céleri-rave pour un fond plus rond et légèrement sucré. Les deux fonctionnent très bien dans ce navarin d’agneau.
Avec quoi servir le navarin d’agneau
Servez-le bien chaud, dans une grande cocotte posée au centre de la table ou dressé dans des assiettes creuses. Le plus beau rendu vient quand on voit clairement la viande, les carottes, les pommes de terre entières et les petits pois dans une sauce rouge-brun brillante.
Il se suffit presque à lui-même, mais une salade verte légèrement vinaigrée apporte un contraste agréable. Vous pouvez aussi le servir avec un bon pain de campagne pour profiter de la sauce jusqu’à la dernière cuillère.
Conservation, réchauffage et préparation à l’avance
Le navarin d’agneau se conserve très bien 2 à 3 jours au réfrigérateur, dans un récipient fermé. La sauce protège bien les morceaux et les saveurs se développent encore après repos.
Pour le réchauffer, faites-le doucement à feu doux, à couvert. Si la sauce a épaissi, ajoutez un peu de bouillon. Réchauffez sans faire bouillir fortement pour préserver la texture des pommes de terre et des petits pois.
Vous pouvez aussi le préparer à l’avance pour un repas de famille. Dans ce cas, faites la cuisson principale, puis ajoutez les petits pois au dernier moment, lors du réchauffage, pour garder leur belle couleur.
Valeurs nutritionnelles approximatives
Pour une portion, ce navarin d’agneau apporte en moyenne une belle dose de protéines, des légumes variés, et une énergie soutenante idéale pour un repas complet.
En estimation large, comptez environ 450 à 650 kcal par portion selon la quantité de viande servie, la teneur en gras de l’agneau et l’accompagnement choisi. C’est un plat nourrissant, équilibré dans l’esprit d’un mijoté familial, surtout si vous le servez avec des légumes et sans ajout de sauce lourde.
FAQ
Peut-on préparer le navarin d’agneau la veille ?
Oui, et c’est même une excellente idée. Le repos permet aux saveurs de se fondre davantage et à la sauce de devenir plus harmonieuse. Réchauffez ensuite doucement à couvert. Ajoutez un petit peu de bouillon si le jus a trop réduit au froid.
Comment savoir si l’agneau est assez cuit ?
La viande doit être très tendre et se détacher facilement à la fourchette, sans être sèche. Si elle résiste encore un peu, poursuivez le mijotage à feu doux. Le navarin d’agneau demande du temps : mieux vaut prolonger légèrement que servir trop tôt.
Peut-on remplacer le vin rouge ?
Oui, le vin rouge est facultatif. Si vous ne souhaitez pas en utiliser, remplacez-le simplement par un peu de bouillon supplémentaire. La sauce sera un peu plus douce, mais le plat restera savoureux grâce au concentré de tomate, au thym et au laurier.
Comment garder les pommes de terre entières ?
Utilisez des pommes de terre à chair ferme et ajoutez-les seulement quand l’agneau est déjà bien avancé dans sa cuisson. Mélangez délicatement, sans remuer trop souvent. Une cuisson douce et régulière aide aussi à conserver leur forme.
Peut-on congeler le navarin d’agneau ?
Oui, il se congèle bien, de préférence sans trop de cuisson des petits pois si vous voulez préserver leur texture. Laissez refroidir complètement avant de congeler. Décongelez au réfrigérateur puis réchauffez à feu doux, en ajoutant un peu de bouillon si besoin.
Conclusion
Ce navarin d’agneau a tout ce qu’on aime dans un bon mijoté maison : une viande fondante, une sauce généreuse et des légumes bien tenus. Servez-le bien chaud, partagez-le en famille, et gardez la recette sous la main pour les repas où l’on veut vraiment faire plaisir.

Navarin d’agneau : ragoût mijoté aux légumes, carottes et pommes de terre
☆☆☆☆☆Ingrédients
- 900 g d’épaule ou collier d’agneau (dés de 3–4 cm)
- 2 c. à soupe d’huile d’olive
- 1 gros oignon (émincé)
- 2 gousses d’ail (hachées)
- 3 carottes (en rondelles épaisses)
- 1 branche de céleri (ou 150 g de céleri-rave) (en dés)
- 2 c. à soupe de concentré de tomate
- 200 ml de vin rouge (type Côtes du Rhône)
- 1 l de bouillon de volaille ou bouillon d’agneau
- 1 bouquet garni : thym + laurier (2 feuilles)
- 500 g de pommes de terre à chair ferme (type Charlotte) (entières ou en gros cubes)
- 150 g de petits pois (frais ou surgelés)
- 1 c. à café de sucre (optionnel, pour équilibrer l’acidité de la tomate)
- Sel fin et poivre noir
- Persil frais haché (optionnel, pour servir)
Préparation
- Faire chauffer l’huile dans une cocotte. Y dorer les morceaux d’agneau sur toutes les faces. Retirer et réserver.
- Dans la même cocotte, faire revenir l’oignon 5 minutes. Ajouter l’ail 1 minute.
- Incorporer le concentré de tomate et le faire torréfier 1 à 2 minutes. Verser le vin rouge et gratter les sucs : laisser réduire 2 minutes.
- Remettre la viande. Ajouter le bouillon, le bouquet garni, saler légèrement et poivrer. Porter à frémissement.
- Couvrir et mijoter 45 minutes. Ajouter ensuite carottes et céleri ; poursuivre 30 minutes à frémissement doux.
- Ajouter les pommes de terre. Poursuivre 25 à 30 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient fondantes sans se défaire (ajuster avec un peu d’eau si besoin).
- Ajouter les petits pois dans les 5 dernières minutes. Goûter et ajuster l’assaisonnement. Retirer le thym/laurier.
- Laisser reposer 5 minutes puis servir bien chaud, avec un peu de persil si désiré.

Commentaires